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Prise en charge de la crise vaso-occlusive drépanocytaire en Algérie

La drépanocytose se traduit par une déformation des globules rouges, elle se manifeste par une sévère anémie, des épisodes infectieux et des douleurs atroces, menant à ce qu’on appelle Crises vaso-occlusives (CVO) Amor Z.
11 novembre 2018 à 9 h 40 min
Ils sont nombreux à souffrir et mourir dans des circonstances atroces. Les drépanocytaires, ou ces malades atteints d’une drépanocytose homozygote, sont plus que jamais dans le besoin d’une prise en charge thérapeutique à même d’atténuer leur douleur. Plus que ça, ils ont besoin d’un peu d’égards et de dignité dans le traitement de cette douleur.
Dans les hôpitaux algériens, ou du moins dans la plupart, si ce n’est pas dans l’écrasante majorité de ces établissements, le drépanocytaire ne bénéficie pas encore d’un traitement pouvant soulager sa crise douloureuse. Dans les services des urgences médicales, les premiers à recevoir le malade en crise, c’est encore l’improvisation dans la prise en charge de cette douleur.
Souvent des médecins généralistes, désarmés, sans moyens thérapeutiques ni connaissances médicales dans le domaine, sont à l’accueil de ces malades. Face à la crise drépanocytaire qui reste une urgence médicale de premier plan, ils ne savent pas quoi faire. Un malade qui souffre de cette crise a pourtant besoin d’une rapide prise en charge de sa douleur pour soulager sa pénible souffrance.
La drépanocytose, c’est quoi ? C’est une maladie invalidante à transmission génétique due à une anomalie de l’hémoglobine. Se traduisant par une déformation des globules rouges, elle se manifeste par une sévère anémie, des épisodes infectieux et des douleurs atroces, menant à ce qu’on appelle Crises vaso-occlusives (CVO). Ces dernières se manifestent par une douleur très intense à début brutal en général.
La douleur est localisée à l’extrémité d’un segment osseux d’un membre ou à une partie de la colonne vertébrale. Elle est rapidement maximale, profonde, rongeante et lancinante, parfois oppressante. Le patient cherche en vain une attitude qui calme sa douleur et demande souvent l’application de fortes pressions sur les zones douloureuses. La douleur peut toucher n’importe quel endroit du corps.
Les CVO peuvent se compliquer rapidement et mettre en jeu le pronostic vital. En raison de l’intensité de la crise, les patients peuvent être confrontés à des situations où ils ne sont pas crus ou sont considérés comme toxicomanes ou appartenant à un groupe de patients «particuliers». Une situation à l’origine parfois de rancœur vis-à-vis des soignants et de difficultés relationnelles. L’attitude du patient en crise peut donc sembler inadaptée : mutisme, défiance, voire apparente hostilité, angoisse intense et envahissante non explicitée, se traduisant par une agitation, ou, à l’inverse, par une prostration.
Devant l’intensité de la douleur, souvent sous-évaluée par le personnel soignant, les gémissements, les cris et hurlements sont fréquents. Et c’est dans ces pénibles conditions que le patient drépanocytaire souffre atrocement sans qu’on parvienne à soulager sa crise. Dans les services des urgences médicales, il n’y a souvent même pas de paracétamol pour atténuer cette crise quand elle est à son premier palier. Quand les anti-inflammatoires ne suffisent pas, on passe aux dérivés morphiniques ou à la morphine.
Une méthode thérapeutique encore appréhendée et mal maîtrisée dans nos hôpitaux. Si les CVO sont encore pris en charge dans nos hôpitaux par des médecins généralistes qui ne sont pas formés pour faire face à ces cas, ailleurs, où les traitements les plus avancés pour traiter la douleur sont utilisés, ce domaine relève carrément de la réanimation.
Dans les hôpitaux étrangers où la médecine a atteint des niveaux de développement avancés, il est hors de question de laisser le malade drépanocytaire souffrir. Il est soulagé par des méthodes thérapeutiques spécialement utilisées pour sa douleur. C’est à la morphine ou à l’échange transfusionnel que les médecins de ces hôpitaux recourent pour traiter les CVO.
Dans nos hôpitaux, c’est encore la galère pour les drépanocytaires, qui ne bénéficient que de simples traitements inefficaces qui n’influent en rien sur l’intensité de leur douleur. Et c’est dans l’indifférence d’un personnel soignant, lui-même hors du coup pour traiter cette douleur, que la prise en charge de ces malades se fait.
Très souvent, ces derniers souffrent et rendent l’âme sans avoir bénéficié d’un soulagement de leur mal atroce. Et sans que leur dignité soit préservée dans des services hospitaliers qui ignorent encore ce qu’est la crise vaso-occlusive chez un malade drépanocytaire. Des drépanocytaires sont devenus toxicomanes par ignorance de leur traitement.
Des dérivés morphiniques (Temgesic) sont abusivement prescrits à ces malades tout simplement parce qu’ils sont drépanocytaires ! Ainsi va la vie de ces malades, désormais balancée entre la souffrance, la toxicomanie et la mort en Algérie.